Vu de ma fenêtre 

Si beaucoup de choses sont en suspens en ce moment, l'esprit et la créativité ne souffrent d'aucune pause. Ils sont libérateurs et (re)fondateurs de ce monde à réinventer. 

 Les bibliothèques et médiathèques du Nord de La Réunion vous proposent cet espace dédié à des ateliers d'écriture numérique. Et pour ce premier atelier "Vu de ma fenêtre", venez partager vos émotions, vos ressentis, vos réflexions poétiques avec Joëlle Ecormier

Cet atelier sera ouvert durant 15 jours, du 25 avril au 10 mai 2020. 

Débranchons

En ces temps de confinement où les yeux sont rivés sur les écrans, mettons-nous à nos fenêtres et laissons notre regard se porter vers l’infiniment près et l’infiniment loin.  Élever physiquement son regard, lui faire prendre de la hauteur, de la distance, c’est aussi une façon d’élever son esprit au-dessus de la peur, et lui permettre de se régénérer pour mieux affronter ce qui est là.

Regardons

Retrouvons une attention à ce qui nous entoure, aux petits détails perdus de vue dans la grande course du quotidien, regardons vraiment et habillons l’ordinaire de notre poésie.

Écrivons

 Chacun peut contribuer selon ses envies, ses capacités et ses aptitudes créatives. Les enfants ne maîtrisant pas l’écrit pourront dicter à un plus avancé.

Ouvrons nos fenêtres aux autres

Les textes sont publiés et accessibles sur ce blog.
Auteur et autrices de La Réunion, envoyez vos contributions afin de faire partager vos vues d’artistes !



Lire à la fenêtre

Vu de ma fenêtre, il y a des nuages blancs qui passent.
Un chat orange marche dans la rue déserte. 

Belles Vues

Parmi les textes transmis, les coups de cœur de Joëlle Ecormier

Née à la Réunion. Joëlle Ecormier est romancière et

autrice de littérature jeunesse. Elle a publié plus d'une trentaine

de livres dont plusieurs ont étés primés et traduits à l’étranger.
Elle anime des ateliers d’écriture pour tous les publics depuis 2001.

Site internet: http://www.joelle-ecormier.fr

Vu de la fenêtre de Joëlle Ecormier

Vu de ma fenêtre, la caravane ne passe plus,
les chiens continuent à aboyer.
Les enfants ne jouent plus sur le parking en bas.
Le ballon est prisonnier.
Les voitures dorment sur leur place de stationnement.
Les grues sont immobiles.
La route n’avance plus. Peut-être qu’elle se trompait de chemin.
Vu de ma fenêtre, tout stationne.
Sauf les oiseaux.
Les pigeons volent d’un toit à un autre,
corps droit, ailes battantes, en solitaire ou à deux.
À la fin du jour, vu de ma fenêtre, les hirondelles font leur numéro de voltige.
Qu’on ne me dise pas que les oiseaux n’éprouvent pas la joie du vol.
Vu de ma fenêtre, j’aperçois la frondaison du grand neem qui veille sur le quartier.
La grande antenne rouge et blanc en face,
pourrait-elle, à partir de maintenant, émettre des ondes calmes et douces ?
L’océan Indien n’a jamais été aussi libre, vu de ma fenêtre.
Et les nuages aussi merveilleux parce qu’ils passent.
La nuit, vu de ma fenêtre, il y a une grosse étoile très brillante à l’ouest,
ne me dites pas comment elle s’appelle,
nous nous sommes trop trompés sur le nom des choses.
Celui de l’amour, de la beauté, du bonheur, le nom de Dieu.
J’écoute l’étoile, elle dit : « Patience, la nouvelle aube vient. »
L’horizon obscurci par la nuit sait lui aussi qu’un autre bleu l’attend.
Il y a tant à aimer, vu de ma fenêtre.